Depuis Work and Non Work en 1997, première compilation de maxis diamantaires, première collection de pop juvénile et sombre, relecture futuriste d’Ennio Morricone, de John Barry, de la musique concrète, de la pop féminine et diaphane des 60s, on a suivi le groupe et sa voix comme des possédés, guettant ses rares sorties comme des dépendants à l’affût.
Tender Buttons enfonçait encore un peu plus l’écharde vénéneuse dans les chairs pop : les magnifiques chansons du groupe, sans se défaire des séquences les plus rondes et mélodieuses de son ADN, étaient plus électroniques, plus kraut, de plus en plus corrodées, étaient textuellement et formellement de plus en plus passionnantes.
Se sachant a priori définitivement perdu pour les causes populaires, le groupe sortait enfin en 2009 l’ultime exploration de ses passions sorcières pour les occultismes musicaux : un Broadcast and The Focus Group Investigate Witch Cults of the Radio Age étrange et passionnant, vaporeux, informe, bourré de fantômes, de cauchemars, de sortilèges radiophoniques, de parasites menaçant, de beautés tordues.
NAN, perdants), “Par plein beau temps ou dans la bruine, dans les abysses ou sur le toit du Monde, le sourire fier ou le cœur brisé, toujours, toujours, toujours, comme le corps a besoin d’air et comme l’âme ne peut se passer cœur” (Oh putain énorme celle là, surtout le M majuscule à Monde, j’ai beaucoup ri), “On a, pour être tout à fait sincère, perdu bien plus : une amie chère, une présence intime et constante, une soeur mélancolique, un amour fantasmatique”…
Source:
http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/57870/date/2011-01-14/article/broadcast-hommage-a-trish-keenan/